L’économie du Cambodge

LA POLITIQUE AGRICOLE AU CAMBODGE

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« Le développement est, par définition, un processus de changement. L’augmentation de la productivité et du caractère intensif de l’agriculture, l’abandon de l’activité agricole à la recherche d’emplois dans l’industrie et les services et l’exode rurale, sont des facteurs déterminants de ce processus » Nicholas Stern

 

1. Situation générale

 

L’agriculture joue un rôle central dans le développement économique du Cambodge. Elle est fondamentale pour augmenter les revenus, en particulier des pauvres dans les zones rurales. Elle représentait 29,6 % du PIB en 2005. Compte tenu du fait que 85% de la population vit dans les zones rurales, 60 % de la population vit de l’agriculture et que 75% des chefs de famille des foyers défavorisés sont des agriculteurs, les résultats de ce secteur sont un facteur clef de croissance économique durable, de réduction de la pauvreté et de développement de l’économie rurale.

 

Le développement de l’agriculture est une composante essentielle de la stratégie du Gouvernement Royal du Cambodge (GRC) pour réduire la pauvreté dans les communautés rurales, garantir la sécurité alimentaire et favoriser une croissance économique équitable et durable. Tandis que la production totale du secteur de l’agriculture, de la pêche et des forêts a augmenté sur la période 1998-2003, la part du PIB du secteur est passée de 43,7% en 1998 à seulement 29,6% en 2005 suite à la croissance rapide du secteur industriel sur la même période.

 

Toutefois, on peut constater que la croissance du secteur agricole est plus lente que celle de l’industrie et des services. En outre, la croissance économique pendant cette dernière décennie s’est concentrée dans seulement quelques secteurs clés, tels que la confection, le tourisme et la construction. Les échanges, les investissements et le développement du secteur privé ont crée plus d’opportunités pour les zones urbaines que les zones rurales. Ces raisons susmentionnées ont créé une écart considérable entre les villes et les campagnes et même ont déclenché la différenciation au sein de la population rurale. Par exemple, entre 1994 et 2004, le niveau de vie du quintile le plus riche des Cambodgiens a augmenté de 45 %, en comparaison avec 8% pour le quintile le plus pauvre.

 

Donc on a remarqué une tendance nette à une inégalité croissante entre les riches et les pauvres au Cambodge. En outre, les pauvres dépendent de l’accès aux ressources naturelles et forestières pour subvenir à leurs besoins. La dégradation et la privatisation des ressources naturelles et foncières du Cambodge ont exacerbé les inégalités.

 

Pour avoir un impact sensible sur la réduction de la pauvreté dans un contexte de forte croissance de la population, le secteur agricole devrait s’accroître de 5 à 6 % par an. En 2005, la croissance du secteur agricole s’élevé seulement à 3,2%. Pourtant, la potentialité de cette croissance agricole par le biais de l’intensification et de l’expansion des superficies cultivées a été restreinte par la capacité absorptive du marché intérieur, par la qualité médiocre des produits exportés et par l’excès des capacités productives dans la région. Les produits agricoles doivent aussi faire face à la compétition féroce des produits importés et la politique protectionniste des autres pays producteurs.

 

Riziculture

 

L’agriculture est basée essentiellement sur la production de riz qui s’élève à 6 millions de tonnes en 2005 et représente 80 % de l’ensemble de la production agricole et 14 % du produit intérieur brut du Cambodge. 85 % des terres cultivées seraient utilisées pour la riziculture. Les exploitations sont de taille réduite, à cause de l’accroissement de la population. Un foyer possède en moyenne 1,5 ha et une moitié des paysans possèdent un terrain de moins de 0,75 ha. Cela a causé l’exode rural et l’immigration vers les milieux urbains et a rendu la population rurale plus dépendante des activités non agricoles pour la génération des revenus.  Selon l’Enquête Socio-économique du Cambodge, les revenus en provenance de l’agriculture représentaient seulement entre 29 et 50 pourcents des revenus des foyers ruraux, ceux de la pêche et des activités forestières – entre 14 et 22 pourcents et les revenus non agricoles – entre 36 et 57 pourcents.

 

Les récoltes totales, en particulier de riz, ont augmenté de manière constante, créant ces dernières années des excédents exportables. La production de paddy par hectare a augmenté, mais reste toujours en dessous de celle des pays voisins. Plusieurs mesures sont en-cours pour accroître et diversifier la production agricole. Le rendement rizicole est passé de 1,79 tonnes/hectare en 1998 à 2,5 tonnes/hectare en 2005.

 

L’accroissement de la production rizicole est essentiellement dû à l’introduction de nouvelles variétés à haut rendement et de nouvelles techniques agricoles développées et introduites par l’Institut de Recherche agricole du Cambodge (CARDI) par le biais des services de développement du Ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche. Il faut cependant noter que les rendements et cycles de culture actuels restent faibles (environ 2 tonnes de riz à l’hectare) comparés à ceux développés sous des écosystèmes similaires dans les pays voisins, qui atteignent des taux de rendement de 5 à 8 tonnes à l’hectare.

 

En 2005, sur une surface totale de 3 millions d’hectares de terres cultivées, 2,4 millions d’hectares (78%) étaient consacrés à la riziculture, 6% aux autres cultures alimentaires, 4% aux cultures industrielles et 6% aux fruits et autres cultures. Sur 2,4 millions d’hectares consacrés à la riziculture, on estime que les terres irriguées représentent environ 430.000 hectares (environ 23% des rizières). En 2005, la production de riz a augmenté de 23%, passant de 4,1 millions de tonnes en 2004 à 6 millions en 2005, créant un surplus de 1,3 millions de tonnes du riz. Le riz représente entre 25 et 30 pourcents des dépenses totales des foyers pauvres. L’accroissement de la productivité des cultivateurs de subsistance aura un impact substantiel sur la réduction de la pauvreté et facilitera le passage à l’agriculture commerciale.

 

Parmi les autres cultures industrielles et secondaires, les plus importantes sont le maïs, le haricot mung, les légumes, le tabac, le sésame, le soja et le manioc, ainsi que de patates douces, canne à sucre, sésame et arachides. Ces cultures sont situées principalement dans les lieux densément peuplés comme les provinces de Kandal, Kompong Cham et Kompong Speu.

 

En ce qui concerne la Sécurité alimentaire et nutrition, la force du Cambodge réside dans sa capacité à produire jusqu’à un million de tonnes de riz supplémentaires sans recourir à la déforestation, puisque la surface cultivée n’a toujours pas retrouvé sa dimension d’avant la guerre. En outre, augmenter la production de 2 à 3 tonnes par hectare aura des répercussions bénéfiques sur la sécurité alimentaire et l’exportation du Cambodge.

 

L’exploitation des ressources naturelles constitue une stratégie commune pour les pauvres de compléter les revenus agricoles. La terre et les ressource naturelles jouent un rôle crucial pour les foyers ruraux. L’amélioration du bien-être et la réduction de la vulnérabilité des habitants ruraux dépendent donc du modèle de propriété et de l’accès à la terre et aux ressources naturelles. Les causes des pertes catastrophiques pour les foyers pauvres sont la pénurie des récoltes en raison des inondations, de la sècheresse où de la peste, de la maladie des membres des foyers et de la haute mortalité du bétail.

 

Le système foncier

 

L’agriculture se distingue des autres secteurs par l’importance majeure du sol en tant que facteur de production. L’existence de terres cultivables définit fondamentalement le type de technique agricole utilisable. En agriculture, la diversité de la qualité des sols, des conditions climatiques et des réserves d’eau conduit à la production de récoltes différentes et à l’emploi de techniques distinctes pour une culture spécifique à l’intérieur même des provinces ou des districts du pays.

 

Le type de système foncier influe fortement sur l’essor économique. Les règles du jeu essentielles du système foncier exercent une influence majeure sur le bien-être de la famille rurale. Le système foncier a une deuxième retombée importante, puisqu’il influe sur le niveau de stabilité politique existant. Les familles possédant la terre qu’elle cultivent tendent à se considérer comme ayant partie liée à l’ordre politique établi. Les ouvriers agricoles et les fermiers sans terre n’ont aucun lien similaire avec l’ordre établi. L’histoire de nombreuses nations dotées d’une importante population rurale sans terre est jalonnée de révoltes paysannes. Une rébellion de ce type a joué un rôle majeur dans l’accession des Khmer Rouges au pouvoir dans les années 70.

 

A ce jour, on recense plus de 3.000 cas de conflits fonciers sur l’ensemble du pays. Le nombre des Cambodgiens sans terre représentaient 12 % en 2004. Si la proportion des sans-terre grimpe à 25-30 %, le problème deviendra fatalement politique. Le mécontentement rural est en effet alimenté par d’autres motifs de ressentiment : les inégalités se creusent dramatiquement entre les villes, qui réalisent l’essentiel de la croissance économique, et les campagnes.

 

La majorité des sans-terre (60 %) appartiennent à des familles qui n’ont jamais été propriétaires. Les 40 % restants détenaient la terre, mais ont perdu, soit par expropriation, soit par vente spontanée. Devenus la deuxième cause de procès au Cambodge, les conflits fonciers constituent 60 % des cas partis devant la Cour suprême.

 

Les régimes fonciers ont également un impact majeur sur la productivité agricole. L’homme qui possède sa terre sait que l’intensification de ses efforts ou de son savoir-faire élèvera aussi ses revenus. C’est un résultat qui ne survient pas automatiquement quand le sol appartient à quelqu’un d’autre.

 

Au Cambodge le régime foncier présente les situations suivantes :

 

  • Les exploitations familiales, où les paysans propriétaires indépendants possèdent des superficies dont la mise en valeur est assurée par la main-d’oeuvre familiale.
  • L’agriculture de plantation, qui est un système dans lequel une grande superficie sert à la culture d’hévéa pour transformation. La culture est assurée par des ouvriers, qui reçoivent des salaires, et la plantation est gérée par les sociétés d’État. Il existe quand même des plantations familiales d’hévéa.
  • Le fermage, qui se réfère à une situation dans laquelle une famille exploite une superficie appartenant à un propriétaire auquel le fermier verse un loyer.
  • Le métayage, qui constitue un mode de fermage dans lequel le fermier partage ses récoltes avec le propriétaire.

 

Le Gouvernement Royal du Cambodge a mis l’accent sur la mise en place d’une assise légale et réglementaire nécessaire pour définir les règles de bornage, des mécanismes de règlement des litiges, et des registres fonciers.

 

Pour mettre en œuvre la Loi foncière promulguée en 2001, le Conseil pour la Politique foncière et le gouvernement ont adopté une série de projets de réglementations et quatre sous décrets : la réglementation et le sous décret sur les concessions foncières sociales (mars 2003) ; le sous décret portant modalités d’élaboration de la cartographie cadastrale et du cadastre (mai 2002); le sous décret sur l’enregistrement sporadique au cadastre (mai 2002) ; et le sous décret sur l’organisation et le fonctionnement de la commission du cadastre.

 

En outre, le Ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et de la Construction, avec l’assistance du ministère de l’Intérieur, a préparé des documents de travail sur les procédures et modalités de bonne démarcation des limites des communes rurales/sangkat. Un projet pilote a été lancé avant la mise en œuvre à l’échelle du pays et l’impression des plans des communes rurales/sangkat.

 

Comme 90% des agriculteurs n’a pas de titre de propriété, délivrer les certificats de propriété est un moyen efficace de prévenir les litiges fonciers. A ce jour, quelques 293.500 titres de propriété foncière ont été délivrés par le biais des projets pilotes et du projet pour l’administration et l’aménagement du territoire. 280.000 titres ont été délivrés par le biais du cadastrage systématique dans 11 provinces du projet et 13.500 titres ont été délivrés par le biais du cadastrage sporadique pour des parcelles et des appartements.

 

Les forêts et la politique sylvicole

 

La forêt représente un élément très important du patrimoine national du Cambodge. Elle occupe environ 60 % de la superficie du pays ou environ 11 millions hectares, contre 75% au début des années 60. Mais le recul des forêts n’en est pas moins préoccupant. Ce recul était attribuable à l’exploitation commerciale, l’exploitation agricole et aux coupes illégales.

 

Le Gouvernement royal du Cambodge a introduit depuis le début des années 90 les zones forestières protégées sous forme de parcs nationaux, sanctuaires d’animaux et bassins de captage des eaux protégés. En 2004, les réserves forestières nationales, les parcs nationaux et zones protégées couvrent 3,3 millions d’hectares. Environ 110.000 hectares de forêts sont placés sous la gestion des communautés forestières.

 

Depuis 1999, le Gouvernement royal n’a octroyé aucune nouvelle concession forestière. Cependant, des actions limitées de récupération et autres formes d’exploitation conformes à la législation cambodgienne se sont poursuivis.

 

L’enjeu principal des ressources naturelles en général, des ressources fauniques et forestières en particulier, porte sur la gestion et leur protection en rapport direct avec les objectifs de développement durable. A cette fin, la stratégie du gouvernement s’articule autour de trois grands axes :

 

i.     Gestion durable des forêts pour garantir le contrôle strict et rationnel de l’exploitation des forêts, conformément aux pratiques internationales dans ce domaine ;

ii.   Système de zones protégées pour protéger la biodiversité et les espèces menacées ;

iii. Exploitation forestière communautaire fiable, transparente et gérée au niveau local.

 

Depuis janvier 1999, le GRC a procédé à une réorientation fondamentale de la politique sylvicole. Les activités illégales ont été réduites, un Service de surveillance du domaine forestier a été créé avec la participation à part entière d’un organisme indépendant de contrôle, la Société Générale de Surveillance (SGS), et l’examen du système de concession a été achevé. Une nouvelle loi forestière a été adoptée en 2002 après une série de consultations nationales avec les parties prenantes. Sur la base des résultats de cet examen, le GRC a pris des mesures pour annuler les concessions forestières. Ces concessions ont été réduites de 6,4 millions d’hectares en 1999 à 2,4 million d’hectares (huit concessions) en 2004.

 

Malgré tout, le gouvernement doit faire face aux activités illégales et assurer une gestion saine des domaines retirés du système de concessions. Pour cette raison, il s’est engagé à redoubler d’effort pour améliorer les opérations du Service de surveillance du domaine forestier.

 

Les mesures sévères prises par le Gouvernement contre la déforestation illégale couvrent l’ensemble des modalités d’application de la loi, la prévention, la détection et la pression. En juin 2004, le Gouvernement royal a pris l’arrêté Nº 01BB pour la prévention, la répression et l’abolition de la déforestation et de l’empiètement et a mis en place un Comité national appuyé de sous-comités au niveau provincial pour assurer la mise en œuvre de cet arrêté. Le gouvernement royal du Cambodge continue de combattre avec zèle les exploitations illégales.

 

Le système des concessions forestières et des concessions individuelles a été entièrement restructurés pour les rendre plus responsables envers les populations et plus soucieuses de l’intérêt public. Le Gouvernement royal poursuit la mise en œuvre de sa réforme de la gestion forestière, y compris l’aboutissement des contrats révisés avec les concessionnaires toujours en lice et la mise en place de mesures pour renforcer les consultations avec les communautés locales et éviter les conflits et les impacts négatifs sur l’environnement. Le Gouvernement continuera de rehausser le niveau technique des concessionnaires et des agences gouvernementales impliquées dans la gestion des concessions forestières. 

 

En terme de législation, le gouvernement royal a élaboré des mécanismes de contrôle supplémentaires et les directives nécessaires à la mise en application de la Loi sur les forêts de 2002. Le sous-décret sur l’exploitation communautaire des forêts promulgué en décembre 2003 place les biens forestiers sous la direction des communautés locales dans le cadre de plans de gestion conjoints et d’accords de partage des bénéfices. Le sous décret est le fruit de six années de travaux et de consultations avec de nombreux acteurs et experts et complémente d’autres mesures telles que le sous décret sur les concessions foncières sociales, pour une meilleure gestion et une plus grande productivité des ressources naturelles.

 

Le Gouvernement royal travaille en partenariat avec divers donateurs et organisations non gouvernementales pour piloter des initiatives communautaires dans plusieurs régions du pays. Près de 110.000 hectares ont été mis en valeur dans le cadre d’accords d’exploitation communautaire des forêts. Le GRC poursuivra ces partenariats dans le cadre du nouveau sous décret.

 

La décision du GRC de développer l’exploitation communautaire des forêts et de mettre en place des pêcheries communautaires en a facilité l’accès pour les plus démunis et a eu des répercussions bénéfiques sur les populations rurales.

 

Hévéaculture

 

L’hévéa est depuis longtemps pour le Cambodge une culture commerciale essentielle et une source potentielle de revenus à l’exportation. L’Etat contrôle production et commercialisation à travers ses sociétés. En outre, comme cette culture nécessite une main d’œuvre abondante, le caoutchouc peut contribuer à la réduction de la pauvreté en créant des emplois dans les zones rurales.

 

À présent, les plantations couvraient 45.000 ha, dont environ 22.085 ha saignés, donnant une production de 20.382 tonnes. De nouvelle plantation a été reprise et environ 17.000 ha ont été replantés, donc plus de 7.000 ha sont des plantations familiales. Les surfaces plantées en hévéas s’accroissent constamment du fait du développement des plantations familiales. Les plantations d’Etat ont aussi entrepris des programmes de renouvellement des parcelles âgées avec des plants hauts producteurs.

 

Le développement de l’hévéaculture familiale est l’un des objectifs du Gouvernement royal du Cambodge. Ceci suppose la formation technique préalable des futurs petits planteurs et un soutien financier. Le projet sur le développement de l’hévéaculture familiale est financé par l’AFD.

 

La pêche

 

La pêche contribue environ 10% au PIB agricole et constitue un des produits d’export du Cambodge. A la fin des années 60, la production commerciale était en moyenne de 120.000 tonnes pour la pêche en eau douce, 40.000 tonnes pour la pêche en mer et 5.800 tonnes pour l’aquaculture d’eau douce. En 2005, les prises commerciales en eau douce sont remontées à environ 324.000 tonnes, les prises en mer à 60.000 tonnes et la production de l’aquaculture à 26.000 tonnes. Cela témoigne la surexploitation des ressources halieutique du Cambodge. 

 

A travers le produit des accords de pêche et par sa forte contribution à l’accroissement des exportations et à la création d’emplois, notamment en faveur des populations les plus touchées par la pauvreté, la pêche joue un rôle important dans l’économie et au sein de la société. Elle procure une activité rémunératrice à près de 17% de la population active,  soit environ 1,3 millions personnes. La pêche maritime et ses activités connexes jouent un rôle important dans le processus de création de richesse.

 

Le Tonlé Sap (lac Tonlé) est une ressource naturelle unique. Outre son rôle hydrologique, il constitue, avec la forêt inondée qui le borde, le pilier de la productivité de la pêche en eau douce. Sa superficie est de 3.000 kilomètres carrés en saison sèche et de 15.000 kilomètres carrés en saison de hautes eaux. Il assure environ 60 % de la production de la pêche commerciale continentale. Le lac est riche en éléments nutritifs et les poissons y sont souvent beaucoup plus gros que ceux qui sont élevés dans des rivières. Toutefois, une menace écologique plane sur le Tonlé Sap. Le taux de sédimentation est très élevé, dû au déboisement de la forêt lacustre et du dépôt de sédiments provenant du Mékong.

 

Le Gouvernement royal a introduit des réformes très poussées en vue de distribuer aux pauvres pêcheurs des lots de pêche. Jusqu’à 2002 le gouvernement a distribué 495,000 ha aux communautés locales. Le défi sera la gestion durable des lots de pêche.

 

Le Gouvernement portera son action sur l’amélioration durable des moyens d’existence des communautés de pêche par la promotion d’initiatives locales et régionales dans le secteur de la pêche qui soient respectueuses de l’équilibre du milieu naturel.

 

Les actions prioritaires ont porté sur l’appui aux communautés pour l’amélioration de la gestion des pêcheries et sur la lutte contre la pêche illégale. Suite à la réforme des lots de pêche à la fin de l’année 2000, le nombre de lots de pêche a diminué, d’environ 235 lots couvrant une surface de presque un million d’hectares à 164 lots répartis sur environ 420.000 ha. La diminution des lots de pêche a également permis de réduire les conflits avec les communautés agricoles vivant à la lisière ou à proximité des lots de pêche.

 

La seconde phase de la réforme des lots de pêche est en cours dans plusieurs provinces. Plus de 56% des enveloppes des lots de pêche ont été octroyés aux communautés locales pour favoriser la mise en place de systèmes de gestion communautaire. Le décret royal sur la création des pêcheries communautaires et le sous décret sur la gestion des pêcheries communautaires ont été adoptés par le gouvernement. 360 lots de pêche communautaires ont déjà été établis sur l’ensemble du pays, avec l’appui des partenaires pour le développement. La loi sur les pêcheries a été soumise au Conseil des Ministres et sera présentée au Parlement.

 

Cependant, comme l’agriculture, le secteur de la pêche est confronté à des contraintes majeures qui peuvent être résumées comme suit: (i) l’exiguïté des zones de pêche face à l’importance des activités et la raréfaction de la ressource, ce qui accentue la pression et exacerbe les conflits; (ii) l’insuffisance des infrastructures de base dans les centres de pêche (aires de débarquement, moyens de conservation et de transport des produits, …); (iii) l’insuffisance de la formation et la faiblesse organisationnelle des acteurs des différentes filières; et (iv) la faiblesse de la valeur ajoutée et de la productivité.

 

L’élevage

 

L’élevage est l’une des principales productions primaires du Cambodge et représente 5 % du PIB. On peut constater une importante augmentation du cheptel au cours des années récentes.

 

La reconstitution du cheptel bovin (bœufs et buffles) est attribuable à la restauration de la paix dans tous les coins du Cambodge. Le nombre des bœufs s’est accru à 3,2 millions en 2005 et celui des buffles à 0,6 millions.

 

Le cheptel porcin marque depuis un certain nombre d’années une progression très nette en quantité. Le nombre de porcs en 2005 est porté à 2,7 millions. Le nombre de volailles est estimé à 15 millions. L’élevage porcin et de volailles est en général familial. Cependant, quelques sociétés privées ont commencés à démarrer de grandes entreprises d’embouche de bétail, des porcs et des volailles. Mais la plupart des animaux – des vaches, des buffles, des porcs et des volailles – sont élevés par les petits paysans qui pratiquent l’agriculture de subsistance.

 

Toutefois, le secteur fait face à un certain nombre d’obstacles qui sont pour la plupart structurels. Les plus importants sont d’ordre : (i) technique, avec notamment la persistance de certaines maladies enzootiques, une insuffisance de pâturage et de points d’eau fonctionnels (les sous produits agricoles et l’aliment de bétail du fait de leur coût élevé ne peuvent constituer une alternative au pâturage) et (ii) financier, du fait de la faiblesse des investissements publics en direction du sous-secteur de l’élevage.

 

Micro crédit

 

Institutions de micro crédit ont accordé des prêts à environ 420.000 ménages ruraux ou 23% du total des ménages vivant dans les zones rurales. Le montant total des prêts est estimé à environ 37 millions de dollars. On estime qu’un montant additionnel de crédit variant entre 10 à 15 millions de dollars a été fourni par des amis, parents et prêteurs individuels (money lenders). Le portefeuille  total de crédit rural de ces institutions durant les dix dernières années s’est accru de 100.000 dollars à 37 millions de dollars, et de 4.000 à 420.000 bénéficiaires. Cependant, on estime qu’il reste encore un besoin important de crédit rural de l’ordre de 60 à 90 millions de dollars qu’il y’aurait lieu de couvrir pour répondre aux nombreuses demandes accumulées à travers le pays.

 

La Banque pour le Développement Rurale (BDR) joue un rôle indispensable dans le financement et le refinancement ; elle offre par ailleurs une assistance technique aux institutions de micro crédit qui, elles, sont en mesure d’offrir des services financiers. La BDR a pour mission d’améliorer l’économie de l’agriculture, l’économie rurale et l’économie en général, participant ainsi au soulagement de la pauvreté. Elle a joué un rôle important dans la mobilisation de ressources financières domestiques et extérieures en vue de répondre aux besoins en micro crédit rural. La BDR a été créée avec un capital de 5 millions de dollars versé par le GRC dont 1 million d’Euros accordé par l’Agence Française de Développement à titre de capital libéré. La BDR a approuvé jusqu’à décembre 2001 un volume global de crédit rural de l’ordre de 4,6 millions de dollars, à travers les opérateurs de micro finance et les ONG, au profit de 38.000 ménages ruraux.

 

Performance du secteur agricole et rural

 

La pauvreté plonge profondément ses racines dans le milieu rural. Malgré une urbanisation rapide, plus de 85% des pauvres se trouvent dans les zones rurales. Jusqu’à 35% des populations vivent dans la pauvreté. Les pauvres ont moins accès aux ressources alimentaires, à l’eau, aux soins de santé primaires et à l’éducation. Pour les populations rurales, la progression du niveau de vie et la réduction de la pauvreté passent par le développement de l’agriculture.

 

L’expérience acquise montre que certains des obstacles au développement agricole et rural les plus importants doivent être examinés à un niveau national:

 

  • Premièrement, des taux de croissance démographique supérieure à 2 pour cent par an exercent une forte pression sur les systèmes agricoles et contribuent au morcellement des superficies agricoles;

 

  • Deuxièmement, les faibles infrastructures de base nécessaires pour la fourniture des services sociaux – c’est-à-dire l’éducation et la santé – en milieu rural limite la somme des connaissances dont disposent les populations rurales pour relever les défis auxquels sont confrontées;

 

  • Troisièmement, l’absence de bons réseaux routiers dans les milieux ruraux, associée aux difficultés liées à la prestation faible des services publics de base – électricité, eau, communications – aux communautés rurales et aux installations agro-industrielles, constitue un obstacle à l’instauration de relations commerciales durables entre les producteurs, les transformateurs et les consommateurs des denrées et produits agricoles.

 

En outre, le développement du secteur agricole reste entravé par les facteurs suivants :

 

  • la faible fertilité des sols,
  • l’insécurité foncière,
  • une forte vulnérabilité aux risques climatiques et la mauvaise maîtrise de l’eau. 
  • l’accès difficile au crédit;
  • l’accès difficile au conseil technique,
  • le manque de structuration des filières de production;
  • la multiplicité des institutions publiques intervenant dans le secteur rural;
  • la faible efficience des institutions ne permettent pas d’apporter des réponses aux producteurs.
  • des organisations insuffisamment structurées de paysans pour défendre leurs intérêts;
  • une infrastructure inadaptée en termes d’infrastructures de transport et d’irrigation,
  • l’absence de facteurs de production agricole,
  • une commercialisation inefficace et un appui institutionnel inconsistant.

 

Pour parvenir à une transformation véritable de l’agriculture, le Cambodge doit passer d’une agriculture axée sur la subsistance, généralement marquée par des difficultés d’accès aux marchés et une faible interaction avec l’agro-alimentaire,  à une agriculture à vocation plus commerciale, caractérisée par une meilleur accès aux marchés et de fortes interactions avec l’agro-industrie. Cette transformation exige un recours accru au marché des intrants et des produits ainsi qu’une plus grande intégration de l’agriculture avec les autres secteurs de l’économie nationale et internationale. Durant ce processus de transformation, la source de croissance sera l’utilisation de plus en plus intensive de la technologie, l’amélioration des méthodes de gestion et du cadre institutionnel.

 

 

2.         POLITIQUE AGRICOLE

 

La vision du Gouvernement royal du Cambodge en matière de développement agricole et rural consiste à assumer un rôle de catalyseur de premier plan, au cours de la prochaine décennie, en appuyant les mutations technologiques, institutionnelles et de politiques qui déclencheront une transformation durable des économies rurales, en outillant les populations rurales afin d’améliorer leur productivité et leurs revenus réels de manière équitable et écologiquement viable. Le “développement à visage humain” est le thème central de la politique du Gouvernement.

 

L’augmentation de la production agricole et l’accroissement de sa productivité sont des moyens d’améliorer le bien-être de nos concitoyens. La problématique susmentionnée montre que la politique de relèvement du bien-être des foyers ruraux requiert une approche globale et complexe, incluant : (i) un cadre politique et règlementaire visant à élargir l’accès à et améliorer la gestion des ressource clés, tels que la terre, la forêt, la pêche et l’eau ; (ii) un stratégie cohérente en matière du développement agricole et rural ; et (iii) des opportunités pour l’emploi non agricole.

 

Le deuxième plan socio-économique présente ainsi les orientations du secteur. Le Gouvernement Royal du Cambodge a rigoureusement hiérarchisé ses interventions afin de résoudre les contraintes les plus pressantes, en évitant d’intervenir sur tous les fronts. Les axes de travail sont résumés ainsi : (i) améliorer le fonctionnement des marchés au profit des pauvres; (ii) réorienter les ressources pour un meilleur accès à l’éducation, la formation, la recherche et la vulgarisation; (iii) créer un cadre favorable au développement des systèmes de financement en milieu rural; (iv) assurer la sécurisation foncière; (v) améliorer la gestion des ressources forestières et halieutiques; (vi) développer les capacités de gestion de l’eau tant au niveau technique (développement des réseaux) qu’au niveau du mode de gestion (promotion des associations d’usagers); et (vii) financer les infrastructures de base en milieu rural.

 

Pour concrétiser la stratégie d’intervention, le Groupe de Travail Technique sur l’Agriculture et l’Eau a élaboré une Stratégie sur l’Agriculture et l’Eau, [1]qui a pour objectif la réduction de la pauvreté, la sécurité alimentaire et la promotion de la croissance économique par le biais de l’accroissement de la productivité et la diversification agricole et l’amélioration du développement et de la gestion des ressources en eau. Cette stratégie a été élaborée sur la base de l’analyse SWOT comme ce qui suit :

 

Forces

 

  1. La terre est disponible ;
  2. Les ressources en eau sont disponibles ;
  3. La main-d’oeuvre abondante à coût bas est disponible dans les zones rurales ;
  4. Le MAFP et le MREM disposent d’une potentialité en ressources humaines ;
  5. Les cadres politique et stratégique se sont développés pour le MAFP et le MREM ;
  6. Toutes les parties prenantes ont pris l’engagement et ont reconnu l’importance du secteur (gouvernement, les bailleurs, les ONGs et les paysans) ;
  7. Les écosystèmes agricoles divers sont disponibles, consistant en plusieurs types de terre ;
  8. L’accent a été mis sur le renforcement du pouvoir et l’engagement de la communauté par l’intermédiaire de, inter alia, des Conseils communaux ;
  9. Les activités agro-industrielles sont en train de se développer.

Faiblesses

 

  1. Les capacités institutionnelles, la gestion et la mise en oeuvre des projets par le MAFP et le MREM sont faibles ;
  2. Les ressources en eau sont très variables en temps et en espace, et la technologie de la gestion de l’eau est sous-développée ;
  3. La capacité d’investissement ou l’intérêt d’investir dans le secteur agricole est médiocre ;
  4. Le transfert de technologie est faible, la connaissance, l’accès à la technologie et l’expertise des paysans et des agents de vulgarisation sont faible ;
  5. La fertilité du sol est pauvre dans beaucoup d’endroits ;
  6. La faiblesse socio culturelle, incluant le manque de solidarité au niveau communautaire, la vulnérabilité des paysans aux problèmes sans terre et le caractère culturel de l’agriculture de subsistance ;
  7. L’asymétrie de l’information des parties prenantes ;
  8. La productivité de la main-d’oeuvre agricole, de la terre et de l’utilisation de l’eau est médiocre (l’utilisation des ressources est inefficiente) ;
  9. L’accès aux marchés est limité ;
  10. Le cadre légal dans le domaine de l’agriculture et des ressources en eau est insuffisant.

 

Opportunités

 

  1. Amélioration de la gouvernance, incluant l’engagement pris par le gouvernement et la stabilité politique ;
  2. Le développement du marché et l’intégration au sein de l’économie régionale et mondiale ;
  3. Le soutien ferme de la part des partenaires au développement aux investissements dans l’agriculture et l’eau ;
  4. La science et la nouvelle technologie ;
  5. Pleine utilisation des ressources naturelles (la terre et l’eau) que sont encore sous-exploitées ou non pas encore exploitées ;
  6. Les fonds d’investissement sont disponibles, incluant les incitations, les fonds privés et le micro crédit ;
  7. La politique de décentralisation et de déconcentration.

Menaces

 

  1. Le changement qui s’opère sur le marché, y compris les marchés internationaux hautement compétitifs ;
  2. Les coûts élevés du pétrole et du gaz ;
  3. Les circonstances politiques, incluant les demandes des fonds du gouvernement pour les autres secteurs;
  4. Les circonstances légales, incluant la faille d’appliquer les lois sur la terre, l’eau et les forêts etc. ;
  5. Les désastres naturels ;
  6. La dégradation de l’environnement ;
  7. La faille de mettre en oeuvre les réformes de gouvernance, légale et les autres réformes ;
  8. Les changements social et politique, notamment le conflit social pour avoir l’accès à l’eau et à la terre, la migration de main-d’oeuvre ;
  9. Le déclin du soutien des partenaires au développement aux secteurs de l’agriculture et de l’eau.

 

Source : Gouvernement Royal du Cambodge. “Agriculture and Water Strategy, 2006-2010”, 9 January 2007, p. 6.

 

Il existe deux types d’exploitation agricole : la ferme familiale et les grandes plantations. Vue sous l’angle de son caractère incitatif et de sa gestion, l’exploitation familiale apparaît comme le système idéal. Même dans les petites fermes, l’utilisation des petits tracteurs s’avère aussi rentable que dans les grandes plantations agricoles. L’exploitation familiale représente environs 60-70 pourcents de main-d’oeuvre agricole. Cela est crucial pour maintenir la stabilité politique, sociale et économique du Cambodge. Il s’avère que l’exploitation familiale est très compétitive dans la production des produits agricoles organiques.

 

L’exploitation familiale est propice pour la production des produits agricoles traditionnels, tels que le riz, le maïs, le sésame etc., et surtout pour la consommation intérieure. Les fermes familiales pourraient être efficient sous les conditions suivantes : (i) l’utilisation de la technologie, l’accès au marché et la capacité des communautés locales ; (ii) le réseau des échanges local est efficace ; (iii) l’existence des infrastructures, la recherche et la vulgarisation agricole.[2]

 

D’après Hayami, les grandes exploitations mécanisées et les plantations sont propices pour la production des produits agricoles exportés, tels que le hévéa, l’huile de palme, le thé et la banane, qui requiert un système de gestion, de package et de transformation. Les avantages des grandes plantations consistent en création des routes, des ponts et des ports pour écouler ces produits sur les marchés internationaux. Toutefois, les petites fermes familiales pourraient aussi s’organiser dans un système contractuel (contract farming) afin de créer une masse critique pour promouvoir l’exportation des produits agricoles.

 

Néanmoins, la création de grandes exploitations mécanisées et des plantations à la place des petites fermes individuelles risque d’aggraver le lot de la majorité de la population, incluant l’accroissement de la proportion des paysans sans terre, la spoliation des terres des pauvres et des montagnards, l’incitation à la vente des terrains et le déclenchement des tourbillons politique et sociale. De plus, la construction de nouvelles routes incite les riches à acheter les terrains dans les régions autrefois reculées, exacerbant les tensions sociales existantes.

 

Pour la mise en valeur du secteur agricole, l’accent sera mis sur les actions suivantes : diversification et modernisation de l’agriculture ; promotion de l’agro-industrie; renforcement des services technique et commercial; sécurisation foncière et la réforme de l’administration foncière; réforme de la gestion des ressources en eau; augmentation et la diversification des revenus ruraux ; réduction de la vulnérabilité des activités agricoles ; accès aux marchés dans le cadre d’une régionalisation des échanges; réforme de la gestion forestière; promotion de l’hévéaculture; relance de la pêche; création des conditions d’une croissance forte et durable du sous-secteur d’élevage; développement des capacités institutionnelles; renforcement du rôle des  organisations paysannes ; promotion du développement rural intégré et du désenclavement des zones rurales ; développement des systèmes de financement en milieu rural; appui au développement du secteur privé et à l’emploi rural non agricole ; et pérennité des projets financés par les bailleurs de fonds.

 

Diversification et modernisation de l’agriculture

 

La modernisation de l’agriculture peut s’effectuer de deux manières. La première voie est technique : on peut combiner des intrants et des techniques spécifiques pour augmenter la production agricole. La modernisation technique porte sur des questions comme le rôle de l’engrais chimique et les rapports entre l’incidence de l’engrais et la disponibilité de variétés de plantes améliorées et de réserves d’eau appropriées.

 

La seconde stratégie de modernisation porte sur la mobilisation des intrants et des techniques agricoles, notamment la mobilisation d’une main-d’oeuvre pour des travaux publics ruraux.

 

L’écart entre les deux stratégies tient à l’emploi de techniques fondamentalement différentes, appelées programme mécanique et programme biologique. Le programme mécanique se rapporte à l’utilisation de tracteurs, de moissonneuses-batteuses et d’autres types de machines afin de remplacer la main-d’oeuvre. Le programme biologique concerne l’élévation des rendements au moyen de variétés de plantes améliorées – les nouvelles variétés de riz IR mises au point à l’Institut international de Recherche sur le Riz (IRRI), en combinaison avec des engrais et des pesticides. Mais ces nouvelles variétés n’assurent des rendements accrus qu’en association avec des apports d’eau adéquats, faits au moment opportun, et des quantités accrues d’engrais chimiques.

 

Un certain nombre de mesures d’intensification, d’expansion et de modernisation seront nécessaires :

 

  • L’expansion des terres agricoles – L’analyse des écosystèmes agricoles, l’amélioration de la planification, la classification et l’inventaire de l’utilisation des terres agricoles et le zoning des terres cultivables permettraient aux cultivateurs d’accroître la superficie agricole du pays et d’investir davantage dans l’agriculture ;

 

  • La diversification de l’agriculture La première priorité du gouvernement royal est de diversifier les cultures pour permettre au secteur agricole de devenir le moteur de la croissance économique et des efforts en faveur d’une réduction de la pauvreté. En vue de parvenir à des résultats tangibles, le Gouvernement s’attache à engager les actions spécifiques suivantes: (i) orienter les investissements publics et encourager les investissements privés en direction du secteur agricole pour augmenter la production agricole tout en veillant  à rehausser la qualité des produits agricoles cambodgiens au niveau des normes internationales ; (ii) développer les zones frontalières ou reculées pour lutter contre l’exode rural ; (iii) aménager les centres provinciaux déjà dotés d’infrastructures fiables, pour promouvoir l’économie locale et fournir un moyen de subsistance aux populations des provinces ;

 

  • L’amélioration de la productivité agricole – la productivité du riz peut être améliorée par le perfectionnement de la qualité des semences, l’utilisation des engrais, le combat contre les maladies, la performance du système d’irrigation, le renforcement de la technologie après récolte et l’introduction des pratiques innovatrices, tels que le Système de l’Intensification du Riz et la Gestion Intégrée des Cultures Agricoles. La vulgarisation est d’une importance cruciale en vue de la promotion de l’intensification de la production du riz. Il est aussi important d’accroître la performance de la société de production de semences de riz, mise en place par le GRC en collaboration avec l’AusAID, le fruit du projet AQUIP ;

 

  • La mise en place d’une stratégie de production du riz – L’accent sera mis sur une stratégie à deux fourchettes: l’utilisation de semences à haut rendement pour la production du riz de bonne qualité (l’approche thaïlandaise) et de semences à haut rendement, mais pour la production du riz de qualité médiocre (l’approche vietnamienne), prenant en compte la topologie du Cambodge ;

 

  • L’encouragement à la production des plantes à base de la production des biocarburants  Les biocarburants représentent un élément de réponse à l’augmentation du coût des carburants et à la baisse des réserves pétrolières. On différencie trois grandes classes de biocarburants : (i) les biocarburants issus des plantes oléagineuses (contenant de l’huile) comme les huiles du palmier; (ii) les biocarburants obtenus à partir d’alcool produit avec des plantes contenant du sucre (canne à sucre); et (iii) les biocarburants produits par fermentation sans oxygène de toute matière organique (déchets alimentaire, déchets végétaux, culture…) : ce biogaz (méthane) peut s’utiliser directement une fois purifié, comme le gaz naturel véhicule (GNV) ;

  • L’utilisation de nouvelles technologies pour la modernisation des exploitations agricoles et l’intensification des productions végétales et animales ;

 

  • L’amélioration des systèmes d’approvisionnement en intrants – L’utilisation accrue de variétés à haut rendement et d’autres variétés améliorées s’est accompagnée d’un accroissement rapide de l’utilisation d’engrais chimiques. Même si les engrais chimiques sont à la portée de paysans, les principaux obstacles à leur emploi accru ont été l’insuffisance des approvisionnements et le prix de vente ;

 

  • La promotion et l’extension de l’accès aux équipements agricoles et facteurs de production ;

 

  • La formation, la fourniture des conseils agricoles et le renforcement des institutions rurales – les institutions rurales essentielles sont celles qui s’attachent à accélérer le transfert des nouvelles technologies aux agriculteurs ;

 

  • La promotion de l’éducation des paysans – L’efficacité du vulgarisateur se fonde sur le contact et la confiance. L’éducation rurale contribue à développer les canaux de communication. Si les agriculteurs savent lire, le contact peut se faire par écrit comme par oral. La confiance est indispensable. La plupart du temps, les agriculteurs apprennent par leurs voisins. Pour cette raison il faut promouvoir la connaissance, l’information et la technologie (cit) sur les pratiques agronomiques, la gestion de l’eau et d’irrigation et la commercialisation des produits agricoles afin de les transférer aux paysans;

 

Promotion de l’agro-industrie

 

L’agro-industrie est parfois appelée industrie entre les industries primaires et secondaires, qui convertit les produits agricoles et de la pêche en produits ou semi-produits industriels. L’introduction de l’agro-industrie augmentera la valeur des produits de l’agriculture et de la pêche, du fait que les produits transformés ont plus de valeur que les produits bruts. Les activités agro-industrielles permettraient aux paysans de sortir de l’agriculture de subsistance et encourageraient la commercialisation agricole.

 

  • La promotion de l’industrie de transformation – Le Cambodge dispose de la potentialité pour la transformation des produits agricoles, notamment la transformation des fruits tropicaux, des fruits de la mer, comme les poissons, les crevettes, les mollusques et les coquillages afin d’accroître la valeur ajoutée ;

 

  • L’expansion des activités agro-industrielles du secteur privé pour la fourniture d’intrants et de services agricoles aux communautés rurales, ainsi que des entreprises agro-industrielles de stockage, de conditionnement, de transformation et de commercialisation des produits agricoles ;

 

  • L’établissement de liens entre les entreprises privées et les ménages ruraux grâce à l’agriculture sous contrat et aux plantations villageoises ;

 

  • La fourniture de l’information et des prévisions sur les conditions des marchés intérieurs et extérieurs ;

 

Renforcement des services technique et commercial

 

Les services de vulgarisation assurent la liaison essentielle entre les instituts de recherche ou les fermes expérimentales et la population rurale appelée à adopté ce que les instituts élaborent. Toutefois, les services de vulgarisation restent négligeables, car seulement 1% des cultivateurs ont l’accès à ces services.

 

  • Le renforcement des services de vulgarisation – cela permettrait aux paysans de réduire l’écart technologique existante dans la production, les services après récolte et la transformation des produits agricoles, en privilégiant tous les modèles de prestation, incluant le transfert de technologie entre cultivateurs et une combinaison de l’octroi de crédit et de vulgarisation ;

 

  • L’appui techniques aux associations de cultivateurs – il faut encourage l’échange entre les cultivateurs et leurs associations afin de partager les meilleurs pratiques ;

 

  • Le renforcement de la capacité de recherche de l’Institut de Recherche et du Développement Agricole du Cambodge (CARDI) Au cours de cette dernière décennie, le Gouvernement et l’AusAID on accordé plus d’importance à l’expansion de la capacité du système national de recherche agricole à travers l’Institut cambodgien pour la Recherche et le Développement agricole (CARDI).

 

Sécurisation foncière et la réforme de l’administration foncière

 

Le problème du foncier est à l’origine de nombreux conflits sociaux dans divers pays en développement, y compris le Cambodge. Les tensions politiques et la complexité des questions liées à la terre pourraient engendrer un trouble social, donc mettre en péril la réalisation des réformes entreprises par le Gouvernement. Pourtant, des pays de plus en plus nombreux réussissent à régler le problème du foncier. Les approches peuvent varier d’un pays à un autre, mais il est indispensable de garantir le droit de propriété aux pauvres, de faciliter les transactions foncières et de se pencher sur les politiques foncières de manière à ce qu’elle profitent à tous.

 

Au Cambodge, avec la croissance de la population, le développement des infrastructures routières et la hausse des prix des terrains, les pressions sur les terres disponibles deviennent de plus en plus fortes, exacerbant la compétition pour cette ressource naturelle et les conflits fonciers.

 

Afin de favoriser le développement foncier et les investissements productifs, les mesures suivantes seront prises :

 

  • Le renforcement du cadre juridique, au niveau des communautés rurales, qui incite réellement à la bonne conservation et à la bonne utilisation des ressources naturelles ;

 

  • Le renforcement de la sécurité de la propriété – élargir l’étendue du programme du bornage systématique des lots de terrain et de délivrance de certificats de propriété aux communautés et aux particuliers et préciser la délimitation des communautés rurales afin d’éviter les conflits ou litiges éventuels, en dotant les services du cadastre de moyens suffisants pour accomplir cette mission ;

 

  • Le renforcement du mécanisme de règlement des litiges fonciers – en raison de capacités limitées des tribunaux, le Gouvernement a mis en place l’Autorité pour le Règlement des Litiges Fonciers qui est chargée de régler les litiges fonciers avant de traduire les cas en justice ;

 

  • La classification foncière afin d’encourager l’utilisation efficace des ressources foncières – Environ 20 pourcents des terrains au Cambodge ont été classés comme terrains du domaine privé de l’Etat. Toutefois, d’énormes quantités de terrains non utilisés et sous le contrôle de l’État pourraient être classés dans le domaine privé de l’Etat. En outre, une portion substantielle du domaine public de l’État a été déjà défrichée pour l’exploitation agricole.

 

  • La rationalisation de concessions foncières économiques – La loi foncière limite  la taille de concessions foncières à 10.000 ha. Néanmoins, une moitié de la superficie des concessions existantes, qui se s’élèvent à plus de 400.000 ha, dépassent cette limite. De plus, des concessions économiques ont été accordées sur le domaine forestier de l’État. Ces concessions n’apportent pas de revenu à l’État.

 

  • L’octroi des terres aux paysans sans terre pour favoriser le développement socioéconomique, en mettant en oeuvre le sous décret sur les concessions foncières sociales – ces mesures visent à régler le problème des cultivateurs sans terre afin de rendre les terrains non utilisés plus productifs. 

 

  • La promotion du développement foncier et des investissements productifs – l’utilisation des ressources foncières devra favoriser le développement de l’économie locale. Pour assurer le développement durable, les investissements productifs dans les infrastructures locales (construction de routes, de barrages et canaux d’irrigation, décoles et dhôpitaux) devraient accompagner l’octroi de terres aux paysans ;

 

  • Le développement des ressources humaines – les compétences des professionnels de l’administration foncière doivent être renforcées dans les domaines technique, juridique, de gestion et de direction.

 

  • La meilleure gestion des ressources naturelles centrée sur des régimes fonciers novateurs assurant à long terme aux ménages ruraux les incitations requises pour une gestion durable des terres, de l’eau et des autres ressources naturelles;

 

Réforme de la gestion des ressources en eau

 

La performance de l’agriculture dépend pour une bonne part du niveau pluviométrique. Donc la promotion de l’hydraulique rurale constitue une des clés de la politique de croissance. Celle-ci est basée sur le développement de programmes d’irrigation, la promotion des communautés d’hydraulique villageoises.

 

L’eau constitue un élément stratégique du programme de modernisation agricole. Les variétés de plantes améliorées consommant une part accrue d’engrais chimiques n’entraînent une élévation spectaculaire des rendements que lorsque l’apport en eau est suffisant et intervient en temps voulu. Pour cette raison, la gestion des ressources en eau, l’irrigation, la gestion des inondations, l’adduction en eau potable et l’amélioration des conditions sanitaires constituent une des clés du développement rural au Cambodge.

 

Le planning et la gestion des ressources en eau au niveau des bassins de rivières est une importance cruciale pour assurer l’utilisation durable des ressources en eau et foncières dans l’intérêt de la population locale en engageant les administrations centrales et locales, les usagers de l’eau et tous les parties prenantes.

 

Le bassin de la rivière est considéré comme une unité propice à la gestion de l’eau dans le contexte de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau. Comme la gestion des bassins de rivières nécessite une coordination et une administration fiable, elle requiert des infrastructures coûteuses, tel que le système des barrages hydro électriques, la gestion des usagers de l’eau etc.[3] La stratégie d’irrigation basée sur l’approche des bassins de rivières peut être définie comme, « l’utilisation efficace des ressources de terres et en eau pour la production agricole au niveau des bassins du point de vue technique, économique et environnementale ».

 

Les priorités du Gouvernement royal sont : (i) l’aménagement et l’expansion des terres irriguées ; (ii) la gestion efficace des ressources en eau, par une plus grande efficacité des systèmes d’irrigation existants ; (iii) le développement et la mise en valeur d’une utilisation plus efficace de l’eau auprès des usagers des communautés agricoles ; (iv) la réduction de la vulnérabilité des populations face aux catastrophes naturelles et à leur dépendance des conditions climatiques.

 

Le Gouvernement prendra les mesures suivantes pour garantir l’approvisionnement durable en eau, en quantité suffisante pour l’agriculture :

 

  • Le développement d’une approche intégrée du développement et de la gestion des ressources en eau et de l’agriculture, qui prend en compte toutes les sources d’eau, et la relation entre les ressources en eau, la production agricole, l’utilisation et la gestion des terres et l’environnement et le recours à des technologies appropriées de gestion de l’eau, particulièrement adaptées aux zones agricoles à faible pluviométrie. Pour conserver le niveau des ressources aquifères, la priorité sera donnée au développement des bassins de rivières. Le GRC a adopté les approches de Gestion Intégrée de Ressources en Eau, la Gestion des Bassins de Rivières et de distribution des ressources en eau afin de prévenir la dégradation écologique et la contamination des rivières et des lacs par des produits chimiques agricoles et les autres contaminants ; 

 

  • L’élaboration du plan de développement à court, moyen, et long termes pour la gestion des bassins de rivières, en tenant compte des changements dans le système hydrologique, en particulier le débit des rivières et les niveaux aquifères, pour garantir une utilisation efficace et durable des ressources en eau. Ce plan portera en particulier sur la gestion intégrée du Mékong, du lac Tonlé Sap, leurs tributaires, biodiversité et écosystèmes afin d’établir une base de données sur les ressources en eau, sa demande et son utilisation. Ce plan contient aussi l’inventaire et l’analyse des terres agricoles et des ressources en eau afin d’identifier les zones de spécialisation agricole. Cela  permettrait d’étendre la zone de couverture des systèmes d’irrigation et/ou d’écoulement pérennes, en particulier dans les zones fortement touchées par la  pauvreté ;

 

  • L’expansion des systèmes d’irrigation, afin de diminuer l’emprise des caprices météorologiques sur les cultures en faisant construire des barrages, des canaux principaux et creuser des canaux d’alimentation vers les champs. Cette mesure prévoit la réhabilitation et la reconstruction des réseaux d’irrigation existants pour répondre aux besoins urgents en eau du secteur agricole ;

 

  • L’agrandissement des installations de surface de stockage de l’eau, telles que réservoirs et étangs, canaux et systèmes d’écoulement, pour garantir l’approvisionnement en eau et une gestion environnementale durable ;

 

  • La promotion de l’irrigation à petite échelle L’expansion des systèmes d’irrigation à petite échelle est un élément important de la stratégie de développement rural intégrée poursuivie par le GRC. Cependant, pour réussir la mise en œuvre de ces projets, certains coûts devront être supportés par les populations locales ;

 

  • Le renforcement des associations des usagers de l’eau – Pour assurer une allocation et une utilisation efficaces des eaux d’irrigation, les fonctions d’exploitation et de maintenance des systèmes d’irrigation seront confiées à des groupes et à des associations d’utilisateurs de l’eau issus des communautés rurales mêmes ;
  • La mobilisation du travail pour constituer un capital rural – routes, réseaux d’irrigation et autres éléments des infrastructures rurales – est indispensable pour assurer le développement rural. Des agriculteurs, des acteurs concernés et le secteur privé doivent être mobilisés pour participer dans toutes les étapes de la conception, du développement et de l’amélioration des systèmes d’irrigation. En cas de construction d’un canal d’irrigation ou d’une route, les avantages majeurs qui en résultent prennent la forme de rendements accrus sur les sols proches du canal ou d’un accès plus facile au marché pour les produits cultivés sur les terres proches de la route. Les terres éloignées du canal ou de la route en tirent un profit moindre ou totalement nul ;
  •  
  • L’amélioration de l’accès à l’eau potable par les habitants en milieu rural   Pour réaliser cet objectif, il faudra installer de nouveaux puits, réparer des puits à pompe manuelle, excaver de nouvelles fosses – réservoirs pour l’irrigation et vidanger les fosses – réserves existantes ;

 Augmentation et la diversification des revenus ruraux

 

Le développement de l’emploi rural non agricole est un axe stratégique important pour la réduction de la pauvreté.

 

  • La promotion des exportations de produits agricoles non traditionnels constitue une piste pour augmenter et diversifier les revenus des paysans ;

 

  • La mise en oeuvre d’une stratégie qui reposera sur, d’une part, le développement des produits d’exportation de « niche », et d’autre part, le développement du marché intérieur en complément aux exportations. À cette fin, il faut régler les problèmes de production, de marketing et de commercialisation auxquels chaque produit agricole (riz, poisson, bétail et hévéa) est confronté ;

 

  • La transformation de l’agriculture de subsistance, qui est caractérisée par la monoculture du riz, en production de produits agricoles diversifiés et commercialisés ;

 

  • La transformation des produits agricoles et de facilitation de leur commercialisation sur les marchés intérieurs et extérieurs en vue de la diversification des revenus non agricoles.

 

  • Le développement du tourisme de campagne peut également servir de cadre de promotion de micro entreprises ou de petites entreprises rurales.

 

  • La promotion de micro entreprises ou de petite entreprises rurales requiert la création d’un environnement concurrentiel, l’accès à des services financiers et non financiers (assistance technique, formation, information, marketing, appui à l’artisanat) et le renforcement des capacités des organisations publiques et privées d’appui aux micro entreprises.

 

Réduction de la vulnérabilité des activités agricoles

 

Au Cambodge, les performances de l’agriculture dépendent pour une bonne part du niveau pluviométrique. Pour réduire la vulnérabilité des populations face aux catastrophes naturelles, le Gouvernement prendra les mesures suivantes :

 

  • L’étude sur la réhabilitation et la reconstruction des systèmes de prévention des inondations, des digues et des écoulements, pour minimiser les effets des catastrophes naturelles ;

 

  • Le renforcement des compétences du ministère pour permettre la diffusion, en temps utile, de bulletins météorologiques pour minimiser les conséquences des inondations : création d’un système d’observation météorologique qui fournira en temps réel des données climatiques pour les prévisions et des données climatologiques pour les besoins de l’agro météorologie et à d’autres fins ; réaménagement des installations existantes et création de nouvelles stations hydrologiques et météorologiques et de pluviomètres aux rivières et emplacements identifiés ; collecte et diffusion des données ; création d’un observatoire hydrologique qui diffuse en temps réel des informations sur le niveau et le débit des eaux et fournit des données hydrologiques utilisées dans la conception des projets de ressources en eau et la gestion des ressources en eau ;

 

  • Le développement d’une capacité de réponse rapide pour assister les communautés affectées par la sécheresse, les inondations et autres risques climatiques afin de réduire les conséquences néfastes des désastres naturels.

 

  • Le renforcement de la collaboration avec la Commission de Mékong sur la minimisation des effets des inondations et avec les programmes internationaux de lutte contre les inondations.

 

Accès aux marchés dans le cadre d’une régionalisation des échanges

 

L’accès aux marchés dans le cadre d’une régionalisation des échanges est l’axe fort de la nouvelle orientation.  Derrière cette problématique on revient bien (i) à la compétitivité des filières et (ii) à la résolution des facteurs transversaux : crédit, foncier, gestion des ressources naturelles :

 

  • L’expansion de production contractuelle (contract farming) des produits agricoles organiques, tels que le riz organique, le maïs et le tabac pour cibler les niches des marchés en expansion ;

 

  • L’exploration et promotion de nouveaux produits exportés, tels que le soja, la noix de cajou, la soie;

 

  • L’élaboration d’une stratégie de reconquérir le marché intérieur – Des mesures pour établir une ceinture verte autour de la Province de Siem Reap et de Phnom Penh afin de remplacer les produits importés par les produits agricoles intérieurs ;

 

  • Le renforcement de la compétitivité des produits agricoles – Des mesures visant à améliorer le système après récolte et à lever les obstacles aux échanges, incluant la qualité des produits, la réduction de la perte après récolte, l’amélioration de l’état des infrastructures et des services d’appui, le renforcement du système de livraison et la réduction des coûts évitables des affaires ;

 

  • Le renforcement de la facilitation du commerce La prise des mesures visant à développer en commun et à mettre en oeuvre les dispositions suivantes : simplification et harmonisation des documents d’importation et d’exportation, sur la base des normes internationales, avec la possibilité d’utiliser des déclarations simplifiées ; amélioration des procédures douanières, par des méthodes telles que l’évaluation de risques, des procédures simplifiées pour l’entrée, et mesures visant à améliorer la transparence et à offrant des procédures de recours contre les décisions et les actes douaniers ;

 

  • Le renforcement des services de transport, d’entrepôts et de commercialisation des produits agricoles – l’amélioration des infrastructures de transport et d’entrepôts, l’établissement des marchés en gros dans les zones frontalières permettraient aux cultivateurs cambodgiens de connecter avec les marchés régionaux et mondiaux ;

 

  • Le renforcement des services de marketing et d’information afin de mieux transmettre les signaux des marchés mondiaux aux cultivateurs, transporteurs, transformateurs et aux agents des marchés financiers ;

 

  • L’établissement du Bureau de certification des produits exportés – L’établissement du laboratoire pour tester la qualité, le développement des standards des produits agricoles et le renforcement des standards sanitaire et phytosanitaire sont des pré requis pour l’augmentation des exportations des produits agricoles ;

 

Réforme de la gestion forestière

 

Le GRC a défini les paramètres suivants pour la gestion des concessions forestières :

 

i.              Il ne peut y avoir exploitation d’une concession tant qu’un programme stratégique de gestion forestière (Strategic Forest Management Plans – SFMP), y compris l’étude sur l’impact social et environnemental (Environment and Social Impact Assessments – ESIA) n’a pas été soumis et approuvé conformément aux dispositions du sous décret sur la Gestion des concessions forestières.

 

ii.            Les documents doivent être rendus publics et des experts indépendants doivent pouvoir apporter leurs commentaires aux SFMP et ESIA avant que le Gouvernement ne rende sa décision finale.

 

iii.           Les concessionnaires qui ne soumettent pas de SFMP se verront retirer leurs concessions.

 

Conformément aux engagements du gouvernement royal, le sous décret sur l’Exploitation communautaire des forêts a été promulgué en décembre 2003, afin de placer les biens publics forestiers sous la direction des communautés locales, dans le cadre de plans de gestion conjointement approuvés et d’accords de bénéfices mutuels. Le gouvernement royal a travaillé en partenariat avec plusieurs donateurs et organisations non gouvernementales au pilotage d’initiatives d’exploitation communautaire des forêts dans plusieurs endroits du pays. A ce jour, presque 110.000 hectares ont été mis en valeur dans le cadre d’accords d’exploitation communautaire des forêts.

 

Pour atteindre ses objectifs en matière de gestion durable des forêts, le Gouvernement royal s’est fixé les priorités suivantes :

 

  • Le renforcement de la gestion et de la protection des forêts – (i) rationalisation et classification des forêts restantes pour garantir la protection de l’environnement et la préservation de la biodiversité, en adoptant et appliquant le sous décret sur la classification des forêts ; (ii) renforcement de l’application de la réglementation sur les forêts, et en particulier de la directive gouvernementale nº 01 BB en date du 9 juin 2004, sur les mesures de répression contre le déboisement et l’empiètement sur les forêts ; (iii) renforcement des stratégies de protection, telles que : forêts protégées ; gestion des bassins hydrographiques (bassins versants) ; génétique et protection des espèces sauvages ; écotourisme ; et autres projets de protection avec la participation des populations locales et en s’appuyant sur des plans de gestion performants ; (iv) application stricte des techniques de gestion des forêts, y compris la gestion et l’utilisation durables des ressources et concessions forestières ; (v) éducation et campagnes de sensibilisation aux ressources forestières ;

 

  • La rationalisation de l’utilisation des forêts – (i) évaluer la couverture forestière, incluant les zones protégées, afin d’identifier les zones principales des forêts qui seront retenues comme appartenant au domaine public de l’État ; (ii) assurer une protection efficace de la biodiversité et des écosystèmes critiques ; (iii) identifier les zones forestières propices à la gestion locale et les zones qui pourraient être converties en terrains agricoles ; (iv) établir une carte forestière, avec une délimitation et un inventaire des zones forestières.

 

  • La contribution au développement socioéconomique – (i) revaloriser l’incidence socioéconomique de la protection des forêts et de la biodiversité ; (ii) favoriser les exploitations plantées par l’homme en substitution aux forêts nationales (reboisements), en encourageant les investissements privés et la participation des populations ; (iii) optimiser les mécanismes d’utilisation, de transformation et de commercialisation des produits de la forêt pour répondre à la demande locale et à l’export ; (iv) promouvoir le reboisement et la protection des arbres ;

 

  • La contribution à la réduction de la pauvreté – (i) renforcer la protection juridique des droits des communautés à la gestion des forêts pour garantir la sécurité alimentaire et favoriser la réduction de la pauvreté. Ces droits sont protégés dans le cadre de la Loi sur les forêts et autres réglementations afférentes ; (ii) s’assurer que les communautés locales bénéficient de l’utilisation et de la gestion des ressources forestières ;

 

  • Le renforcement des compétences et de la bonne gouvernance – (i) poursuivre le renforcement des compétences institutionnelles à tous les échelons ; (ii) campagnes d’éducation, de formation et de sensibilisation auprès des communautés locales pour promouvoir la participation des communautés dans la protection et la gestion durable des forêts ; (iii) renforcer les compétences à tous les échelons de l’administration des Forêts pour que les agents concernés puissent s’acquitter de leurs responsabilités en collaboration avec les institutions concernées (iv) renforcer la collecte des revenus forestiers.

 

Promotion de l’hévéaculture

 

L’hévéa est une source de recettes d’exportation du pays. Les plantations d’hévéa couvrent actuellement 65.000 ha, dont environ 39.000 ha saignés, donnant une production de 52.000 tonnes. Les surfaces plantées en hévéas s’accroissent constamment du fait du développement des plantations familiales. Les plantations d’Etat ont aussi entrepris des programmes de renouvellement des parcelles âgées avec des plants hauts producteurs.

 

Pour atteindre ces objectifs, la stratégie globale qui a été ainsi définie avec l’ensemble des acteurs est axée sur :

 

  • Le développement du secteur de l’hévéaculture – cette tâche requiert : (i) des investissements importants, dont le financement ne peut être assuré ni par les fonds propres des actuelles Sociétés d’État, ni par des dotations du budget national ; (ii) l’étude sur les sols propices à la plantation du caoutchouc ; (iii) la fourniture des semences ;

 

  • Le suivi du projet pilote de privatisation des plantations d’État – cette action vise à renforcer la gestion des Sociétés d’État et d’attirer les investissements dans les plantations actuelles ;

 

  • Le renforcement du développement de l’hévéaculture familiale – Ceci suppose la formation technique préalable des futurs petits planteurs et un soutien financier, la vulgarisation des techniques, la fourniture de l’information sur les tendances des marchés du caoutchouc, l’appui à la gestion administrative et technique de l’hévéaculture ;

 

  • Le Renforcement de l’Institut de Recherche du Caoutchouc – l’attention doit être prêtée aux choix de semences du caoutchouc à haut rendement et à courte période de plantation, l’utilisation de la nouvelle technologie et le renforcement du laboratoire afin d’élever les standards au niveau international ;

 

  • Promotion de la coopération internationale dans le domaine du caoutchouc – le renforcement de la coopération tripartite avec la France et la Thaïlande et avec les autre producteurs au sein du Conseil International sur la Recherche et le Développement du Caoutchouc et de l’Association Internationale du Caoutchouc afin d’améliorer la qualité du caoutchouc cambodgien et promouvoir l’industrie de transformation ;

 

Relance de la pêche

 

Dans le but de relancer la pêche, le GRC est en cours d’élaboration du Plan directeur à l’horizon 2011 pour la gestion des pêcheries, qui servira de référence pour le développement du secteur de la pêche. Le ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche a également lancé des actions pour la gestion et la protection des ressources halieutique. Les objectifs ci-après ont été définis pour proposer des solutions à toutes les étapes du cycle de l’activité de pêche, de l’amont à l’aval, c’est-à-dire captures, exploitation – transformation et commercialisation :

 

  • Le développement communautaire de l’industrie de la pêche, en donnant les moyens nécessaires aux communautés locales de promouvoir la participation active, directe et équitable des agriculteurs dans la planification, la mise en œuvre et la gestion des programmes de pêche ;

 

  • La conversion des lots de pêche dont les contrats de concession sont arrivés à terme, en réserves de poissons pour augmenter les ressources en poissons et protéger les espèces menacées ;

 

  • L’extension des lots de pêche communautaires et promotion de l’aquaculture pour répondre à une demande croissante et réduire la pression sur les ressources en poissons.

 

  • La démarcation des lots de pêche, identification et sauvegarde des zones protégées et lutte contre la pêche illégale ;

 

  • La gestion durable et la restauration des ressources halieutiques – cette action comporte les points suivants : (i) la valorisation maximale de la ressource ; (ii) la qualification des professionnels du secteur ; (iii) l’amélioration et modernisation des conditions d’exercice de la pêche artisanale; et (iv) le développement d’un système de financement de la pêche.

 

  • Le renforcement de la capacité de recherche de l’Institut de Recherche et de Développement pour les pêcheries intérieures, établi en février 2003, afin d’améliorer la gestion des pêcheries, de favoriser l’accès aux sciences et technologies de pointe par le public, les communautés et les pêcheurs en particulier.

 

  • L’utilisation rationnelle et responsable des ressources de pêche – une meilleure protection et un environnement institutionnel plus adapté aux exigences de développement du secteur et une coopération internationale plus équilibrée. Cette stratégie vise à assurer la gestion durable de la ressource et la viabilité des pêcheries, satisfaire la demande nationale en produits halieutiques, améliorer et moderniser les conditions d’exercice de la pêche artisanale, valoriser la production  et enfin  développer un système durable de financement de la pêche.

 

  • Le développement de l’aquaculture au niveau local –L’aquaculture contribue à améliorer les conditions de vies des agriculteurs et génère des revenus en complément des cultures.

 

Création des conditions d’une croissance forte et durable du sous-secteur de l’élevage

 

L’élevage est l’une des principales productions primaires du Cambodge et représente 5 % du PIB. On peut constater une importante augmentation du cheptel bovin (bœufs et buffles) au cours des années récentes. La plupart des animaux – des vaches, des buffles, des porcs et des volailles – sont élevés par les petits paysans qui pratiquent l’agriculture de subsistance. Le nombre des bœufs s’est accru jusqu’à 2,9 millions en 2005 et celui des buffles jusqu’à 0,6 millions. Le cheptel porcin marque depuis un certain nombre d’années une progression très nette en quantité. D’après les chiffres de 2002, le nombre de porcs est porté à 2,1 millions. Le nombre de volailles est estimé à 16,6 millions. L’élevage porcin et de volailles est en général familial.

 

Des actions à court et moyen termes ont été identifiées:

 

  • Le développement d’un système intégré d’élevage – cela consistant en : (i) la mise en place d’infrastructures adéquates ; (ii) la prise de mesures anti-épidémies pour améliorer la qualité du bétail et la lutte contre les maladies ; (iii) le renforcement des services de contrôle et d’inspection sanitaires ; (iv) une production de nourriture pour les animaux et les poissons et la transformation de la viande et des poissons en produits finis ; (v) augmentation du nombre de travailleurs vétérinaires pour réduire le taux de mortalité et de morbidité du bétail ; et (vi) le traitement et la transformation des dérivés animaux.

 

  • L’encouragement donné à des sociétés privées à démarrer de grandes entreprises d’embouche de bétail, de porcs et de volailles.

 

  • La suppression des obstacles auquel le secteur fait face – Les plus importants sont d’ordre : (i) technique, avec notamment la persistance de certaines maladies enzootiques, une insuffisance de pâturage et de points d’eau fonctionnels (les sousproduits agricoles et l’aliment de bétail du fait de leur coût élevé ne peuvent constituer une alternative au pâturage) et (ii) financier, du fait de la faiblesse des investissements publics en direction du sous-secteur de l’élevage.

 

  • Une plus grande fluidité des activités tout au long de la filière bétail-viande, la multiplication des espèces à cycle court (petits ruminants et volaille locale), une sécurisation durable de l’alimentation animale, le traitement et la transformation des dérivés animaux (peaux, cornes, etc.)

 

  • Le renforcement de la renaissance de l’industrie de la soie – Un programme de soutien au secteur de la soie à travers le soutien financier destiné à dynamiser la production locale de fil et de tissu de soie, en renouant avec une pratique qui a déjà existé au Cambodge en mettant l’accent sur les techniques modernes d’élevage des vers à soie et sur l’équipement des tisserands avec des métiers plus performants. Pour renforcer la capacité, les sériciculteurs sont également formés à la culture du mûrier, dont les feuilles constituent l’essentiel de la nourriture des vers.

 

Développement des capacités institutionnelles

 

La mise en œuvre des réformes approche aujourd’hui un tournant critique. Des réformes ont été entreprises pour développer des mécanismes de marché qui mettent l’accent sur la réforme foncière, la libéralisation des prix et l’adoption d’une législation permettant la création de joint-ventures entre l’Etat et les investisseurs étrangers.

 

Le ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche (MAFF) a été restructuré avec l’assistance de partenaires pour le développement. Les services de développement ont été étendus à la recherche sur les variétés de riz et le transfert du savoir-faire agricole aux agriculteurs. Dans le même temps, des réformes institutionnelles sont appuyées par des programmes stratégiques d’investissements publics, y compris routes et hydraulique villageoises, infrastructures rurales et création d’emplois.

 

Le programme d’actions à exécuter tournera autour des composantes essentielles suivantes :

 

  • La rationalisation et renforcement de la capacité institutionnelle et consolidation des actions de coordination entre les divers ministères pour garantir une bonne mise en œuvre du Plan Stratégique pour le Développement Agricole récemment adopté par le Gouvernement. Ces mesures visent aussi à : (i) renforcer la capacité des institutions gouvernementales décentralisées desservant les communautés rurales et l’appui aux institutions rurales; (ii) renforcer les capacités des communautés de base pour permettre aux populations rurales de fixer leurs priorités et d’accéder à l’aide correspondant à leurs besoins; (iii) apporter un appui institutionnel aux organismes professionnels émergents assurant la promotion du développement du secteur agricole et la mise en place de chaînes spécifiques par produits (selon la conception “un village un produit”); et

 

  • La révision du rôle et de la responsabilité des institutions publiques – le Ministère de l’Agriculture, de la Forêt et de la Pêche et les autres institutions publiques devraient se concentrer sur la fourniture des biens publics, en se dégageant de l’intervention direction dans la production agricole, la distribution des intrants et du marketing. Une analyse fonctionnelle doit être donc conduite pour préciser le rôle et la responsabilité des institutions publiques ;

 

  • L’alignement des ressources financière à la stratégie pour le développement agricole – le développement agricole et rural traîne en arrière des autres secteurs prioritaires, tels que l’éducation et la santé publique, en ce qui concerne l’amélioration de la politique fiscale et de la gestion du secteur ;

 

  • La réforme des entreprises d’État – un grand nombre des entreprises d’État ne sont pas à la hauteur de leurs responsabilité pour s’acquitter des tâches qui leur sont assignées. Il est indispensable de renforcer la structure de la gouvernance d’entreprise au sein des entreprises de l’État pour les rendre compétitives vis-à-vis des sociétés privées ;

 

  • Le renforcement de la capacité des agents agricoles – professionnalisation des agents de l’État dans le développement de la politique agricole, l’analyse socio-économique et des investissements, la gestion des ressources naturelles, le marketing des produits agricoles et des échanges internationaux.

 

Renforcement du rôle des  organisations paysannes

 

  • La mise en place des associations de cultivateurs – la mondialisation des échanges requiert une structure des organisations paysannes pour qu’elles puissent venir en aide aux petits paysans afin qu’ils prennent de bonnes décisions sur la production et la commercialisation des produits agricoles ;

 

  • Le renforcement des organisations professionnelles paysannes existantes afin de les rendre plus autonomes et de leur permettre de mieux prendre en charge les intérêts de leurs mandants ;

 

  • Le renforcement du pouvoir des paysans – pour mieux faire face à la mondialisation et mieux protéger leurs intérêts, les paysans doivent travailler ensemble dans tous les aspects de la production et de la chaîne de valeurs, tels que l’achat des engrais, partage d’équipements agricoles, l’accès à l’information agricole, transformation et marketing des produits agricoles ;

 

Promotion du développement rural intégré et du désenclavement des zones rurales

 

Les composantes du développement rural intégré sont la santé, la construction des routes, l’infrastructure, la vulgarisation, le crédit, les intrants et la commercialisation etc. Le manque d’infrastructures, notamment routières, constitue un obstacle majeur au développement des zones rurales à travers les problèmes de stockage et de mouvement des produits qu’il occasionne. En conséquence, il est urgent de construire les infrastructures adéquates dans le but d’améliorer le bien-être de cette catégorie de population, de satisfaire leurs besoins de base et de réduire l’exode rural.

 

  • La mise en valeur des routes en milieu rural – La construction de routes rurales favorisera une augmentation de la production agricole, soit en étendant la superficie des terres arables, soit en intensifiant l’utilisation des terres existantes, ce qui permettra de profiter des nouveaux débouchés du marché, de consolider les liens entre les activités agricoles et non agricoles dans les zones rurales mêmes et entre les zones rurales et urbaines ;

 

  • La mise en place des infrastructures économiques et sociales rurales qui contribuera à la viabilité des économies rurales. Il s’agira notamment de l’électrification rurale et des moyens destinés à faciliter la fourniture rationnelle de services sociaux complémentaires qui permettent d’attirer les ressources humaines qualifiées nécessaires au développement des économies rurales. Il sera ainsi plus facile pour les habitants de communautés rurales d’avoir accès aux services de l’éducation et de soins de santé, ainsi qu’à l’eau ;

 

  • La poursuite des programmes vivres-contre-travail – Ces programmes sont d’une importance cruciale, d’une part, pour promouvoir la réhabilitation et l’entretien de routes rurales, incluant des chaussées en latérite et des routes en terre compactée, et d’autre part, pour assurer au minimum un emploi à temps partiel aux paysans et pour améliorer la sécurité alimentaire de la population. En plus, ces programmes ont pour intérêt d’associer la mise en place d’un mécanisme socialement utile et la répartition des revenus vers certain des éléments les plus démunis de la société;

 

  • Le renforcement des capacités du Gouvernement dans la vulgarisation agricole – Les services de vulgarisation fonctionnent dans le cadre d’un système intégré. Pour être couronnés de succès, le Gouvernement doit dégager les ressources nécessaires pour couvrir les dépenses récurrentes  consacrées aux agents de vulgarisation afin de leur donner la mobilité et les moyens nécessaires pour satisfaire les besoins des paysans ;

 

  • La coordination des projets du développement intégré Les institutions et les ministères d’exécution doivent être mieux structurés pour assurer le succès dans la mise en œuvre des projets de développement rural intégré. 

 

  • La sensibilisation du public à la malnutrition, aux carences en fer, à l’alimentation des enfants, et à l’iodisation du sel, par le biais d’ateliers, de programmes de formation et d’autres initiatives de promotion. Il reste beaucoup à faire dans ce domaine : la production locale de sel iodé ne couvre que 20% des besoins du pays, seuls 34% des enfants âgés de 6 à 59 mois reçoivent de la vitamine A et le nombre de mères qui ont accès à des compléments en fer reste faible.

 

Développement des systèmes de financement en milieu rural

 

Un autre façon d’élever la production agricole consiste à renforcer les banques rurales et des institutions de micro finance. Le Gouvernement Royal du Cambodge a crée la Banque pour le Développement Rural avec des fonds provenant du budget de l’Etat.

 

  • La mise en place et capitalisation de réseaux financiers privés plus efficaces, à même de mobiliser l’épargne intérieure et de faciliter le crédit direct et viable aux communautés et groupes du milieu rural. Cela contribuera à approfondir l’intermédiation foncière et améliorer l’investissement dans l’agriculture, de manière à favoriser et maintenir la croissance des économies rurales;

 

  • L’extension de la couverture des institutions de micro finances aux agriculteurs afin de les encourager à investir dans la production et la transformation des produits agricoles ;

 

  • La poursuite des prêts aux institutions de micro finance, qui offrent des prêts aux cultivateurs locaux, à des taux très inférieurs à ceux pratiqués par les pourvoyeurs de crédit privés ;

 

  • L’appui aux Petites et Moyennes Entreprises –Dans le cadre de la coopération avec l’Allemagne, la KfW se propose de fournir une assistance financière sous forme de dons à travers le Ministère de l’Economie et des Finances d’un montant approximatif de 8 millions de dollars pour le programme de développement des PME. La BDR a accordé à une banque commerciale partenaire un crédit en vue de le rétrocéder à des emprunteurs finaux pour la mise en oeuvre de projets pilotes d’approvisionnement en eau dans la province de Takéo.

 

  • L’encouragement aux banques à investir dans le domaine de l’approvisionnement en eau et en électricité dans les zones rurales et dans les activités agroalimentaires locales.

 

Développement du secteur privé et de l’emploi rural non agricole

 

Le secteur privé est le gage de la croissance économique globale et du développement agricole en particulier. Mais le climat d’investissement est imprévisible à cause d’un certain nombre des facteurs, notamment le manque d’infrastructures publiques et institutionnelles nécessaires, les faiblesses de l’appareil des lois et règlements et les hauts coûts de l’électricité.

 

  • L’amélioration du climat des affaires afin d’attirer les investissements du secteur privé dans l’agriculture;

 

  • Le développement de technologies et leur adoption rapide dans les systèmes de production et de transformation agricoles sont la clé de voûte de la réalisation de la croissance dans l’équité ;

 

  • La promotion des initiatives « un village – un produit » pour stimuler la créativité et redonner confiance aux populations rurales. Cette politique s’articule autour de quatre axes : (i) encourager les méthodes de production adaptées à un environnement villageois et aux besoins du marché; (ii) faciliter l’identification de débouchés, financements et transferts de technologie appropriés ; (iii) appuyer le développement des ressources humaines et la formation à la gestion ; et (iv) faciliter la création de communautés agricoles pour garantir la stabilité des prix de la production agricole ;

 

  • La mise en oeuvre des actions visant à réduire les coûts – surtout les coûts de transport et d’électricité ;

 

  • Le renforcement de l’appui aux services essentiels, tels que l’accès aux marchés, la recherche et l’information et les coopératives agricoles ;

 

Pérennité des projets financés par les bailleurs de fonds

 

Concernant les grands programmes financés par les bailleurs de fonds, un rapide tour d’horizon fait ressortir :

 

  • Le programme PRASAC financé par l’Union Européenne – ce programme vise un investissement massif dans 6 provinces (eau villageoise, irrigation, vulgarisation, crédit…). Le risque de la démarche pratiquée de ce projet concerne la “durabilité” des actions menées, notamment par la faible prise en compte des questions de maintenance et de gestion des infrastructures financées (notamment pour la composante irrigation). Autre problème de pérennité des actions entamées, la capacité des ministères à poursuivre les actions après la fin des projets.

 

  • Le Projet Amélioration de la Productivité Agricole (Agriculture Productivity Improvement Project – APIP) financé par la Banque Mondiale et le FIDA. L’objet de ce projet est de développer la capacité gouvernementale dans le planning, le développement et la mise en oeuvre des programmes agricole et rural. Ce projet intervient en financement de la formation des cadres et agents, de la construction de bâtiments ou leur réhabilitation, de la fourniture de matériels et des appuis pour relancer les principales activités. Ce programme rencontre des difficultés d’exécution dues à la lenteur des circuits administratifs, à des difficultés de concertation et au peu de réactivité de certains services. Le manque de liaison entre le niveau central et les provinces est le handicap majeur pour la mise en place et le suivi d’activités de terrain.

 

  • Le projet AQUIP, financé par la coopération australienne AusAID, qui vise à améliorer la sécurité alimentaire et les revenus des paysans. Il comporte 6 composantes : production de semences de riz, technologie après récolte, commercialisation des fruits et légumes, réhabilitation des systèmes d’irrigation (à travers le financement de réhabilitation des petits réseaux ainsi que la mise en place d’associations d’usagers pour leur gestion et maintenance), formation (à travers la formation de formateurs pour encadrer les “farmer field school”), gestion du projet.

 

  • Le programme IPM, Integrated Pest Management, mis en place avec l’appui de la FAO, a développé une approche “originale” dans la formation des producteurs au travers des “Farmers Field School”. La démarche de partir des observations sur le terrain faites par les producteurs, la mise en place d’essais, les échanges sur les résultats et sur les moyens de lutte donnent de bons résultats. Ce système est non pas basé sur un dispositif national de vulgarisation lourd avec des thèmes prédéfinis mais sur un réseau d’intervenants déjà implantés sur le terrain, formés sur ces questions techniques et surtout les techniques d’animation de groupes.

 

  • Le programme SEILA est le premier programme d’envergure (6 provinces) mis en place en 1996 pour favoriser le développement local et les institutions locales. Ce programme, ayant au départ une vocation expérimentale dans la mise en place de la décentralisation et de la déconcentration reste une référence pour les autorités et un certain nombre de leurs partenaires en terme de démarche de développement local.

 

 


BIBLIOGRAPHIE

 

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Conseil Économique National du Cambodge (2005)

« National Forum on Cambodia’s Agrarian Structure in the Context of Trade Integration, Proceedings », juin

 

Gillis (M.), Perkins (D.), Roemer (M.), Snodgrass (D.) (1990)

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Gillis (M.), Perkins (D.), Radelet (S), Roemer (M.), Snodgrass (D.) (2001)

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« Agriculture and Water Strategy, 2006-2010 », janvier

 

Hang Chuon Naron (2005)

« L’économie du Cambodge: La lutte pour le développement »,

 

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« Agricultural Sector Strategic Development Plan, 2006-2010 », octobre

 

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« Rapport de la conférence annuelle 2005-2006 », mars

 

Ministère des Ressources en Eau et de Météorologie (2005)

«  Strategic Development Plan, 2006-2010 », mai

 


[1] Gouvernement Royal du Cambodge. “Agriculture and Water Strategy, 2006-2010”, 9 January 2007

[2] Hayami. “La structure agraire dans le contexte de la mondialisation: le concept pour la réforme agraire au Cambodge”. Proceedings of the National Forum on Cambodia’s Agrarian Structure in the Context of Trade Integration. SNEC, June 2005.

[3] Agriculture and Water Strategy, p. 13

L’évolution structurelle de l’économie du Cambodge

Depuis 1989, le Cambodge s’est attelé à organiser une économie de marché avec le secteur privé comme acteur de la croissance et l’Etat comme garant des équilibres macro-économiques, pourvoyeur des conditions d’accompagnement et, en définitif, arbitre du développement national. Le Gouvernement Royal du Cambodge (RGC), issu des élections générales de mai 1993, reste attaché à ces orientations dont il a accéléré la mise en oeuvre,  mû par sa propre volonté politique – exprimé au plus haut niveau du gouvernement – et bénéficiant des apports de l’aide technique et financière de la communauté internationale. Mais, il n’avait pas encore, à l’époque, réuni les conditions politiques et militaires d’un gouvernement stable et  solidaire.

Durant la période de 1993 à 1998 le Cambodge n’a connu ni paix ni guerre, c’est une période pendant laquelle le pays n’a eu ni le temps ni les conditions nécessaires pour se consacrer au développement du pays et résoudre les problèmes de base tel que la lutte contre la pauvreté. Les Khmers Rouges étaient toujours là, excipant de lourdes menaces sur la sécurité du pays, et la coalition au pouvoir arrivait difficilement à travailler en parfaite symbiose. Après un démarrage fort nourri par le nouvel esprit d’entreprise qui se répandait dans le pays, des contretemps d’ordre politique et militaire ont fini par venir à bout des bonnes volontés, pour aboutir aux évènements de juillet 1997. Il demeure que les années 97 et 98 ont perturbé la marche du pays; ils n’ont pas, pour autant, casser la croissance – ainsi qu’il apparaît dans les analyses chiffrées ci-après –, d’autant que dans nombre de pays, la croissance a été négative pour ces deux années.

Ce n’est qu’avec la « win-win » (« gagnant-gagnant ») stratégie, le GRC a pu démanteler l’organisation politico-militaire des khmers Rouges. Cela a permit de rétablir la paix sur l’ensemble du Royaume et unifier physiquement et politiquement le pays. A partir de 1999, il n’y avait donc plus aucune région en sécession par rapport au gouvernement central. Avec cette paix renforcée de jour en jour, le gouvernement a pu renforcer l’esprit de réconciliation nationale. Tous ces facteurs ont bien entendu contribué à un développement accru, aussi bien social qu’économique, mais surtout à une plus grande stabilité politique qui a permit au gouvernement de raffermir la stabilité macro-économique du pays. La reprise en mains du pays, confortée par la reddition totale des Khmers Rouges et par les élections de juillet 1998, s’est traduite, maintenant depuis près de deux ans, par un Cambodge qui travaille, crée des richesses, participe à la vie et à l’essor de la région, et entrevoit  son futur avec sérénité.

2. La Croissance économique en 1993-2007

Plus généralement, les taux d’évolution de l’économie du Cambodge, marquent des tendances fondamentales, positives à bien des égards, tant en ce qui concerne la croissance; les investissements; la politique monétaire, des prix et de change; les transferts publics extérieurs et les flux de capitaux privés; les finances publiques et enfin le développement du secteur privé.

Durant les trois mandats du Gouvernement Royal, le Cambodge a réussi à dépasser les objectifs fixés en terme de croissance économique, avec en moyenne 8,6% du PIB de 1994 à 2007, et ce malgré d’importants défis que le pays devait faire face sur le plan extérieur qu’intérieur. Le Gouvernement Royal du Cambodge(GRC) avait fixé pour l’objectif de maintenir une croissance comprise entre 6 et 7%. Lors du premier mandat du gouvernment (1993-1997) la croissance économique était en moyenne de 6,6%. Le second mandat (1998-2002) a connu une croissance économique en moyenne de 8,1%.

La performance économique du troisième mandat (2003-2007) était spectaculaire, avec une croissance moyenne de 10,6%. Depuis 2004, le Cambodge a connu une croissance à deux chiffres. En 2005, la performance économique a été impressionnante, avec un taux de croissance record de 13,3 %. Cette croissance a contribué à réduire la pauvreté. Entre 1994 et 2004, celle-ci a diminué de 12 %, passant de 47 % en 1994 à 35 % en 2004.

Il faut également souligner la politique du gouvernement en terme de maîtrise de l’inflation pour laquelle l’objectif est de se situer en dessous de la barre des 5%. L’inflation moyenne pendant les trois mandats du gouvernement était de 4,3%. Le Cambodge a connu une inflation galopante entre 1991 et 1993, suite à un financement bancaire du déficit budgétaire. L’inflation a atteint le niveau record de 150% en 1993. Avec un assainissment des finances publiques et grâce à l’accroissement de l’aide publique au développement, l’inflation a été ramenée à un niveau quasi nul en 1994. Elle s’est accélérée entre 1995-1997 pour atteindre un nouveau record en 1998 lors de la crise politique interne et de la crise économique asiatique.

Le nouveau gouvernement issu des élections législatives en 1998 a maîtrisé l’inflation, grâce à la reprise des réformes économiques et à la politique monétaire et budgétaire prudente. Force est de constater que le second mandat a connu une croissance économique élevée avec une faible inflation (3,4%). Elle s’est accélérée à nouveau lors du troisième mandat, surtout à partir de 2004, avec la flambée du pétrole. La hausse des cours du brut provoque de vives tensions inflationnistes. L’inflation, étant quasiment nulle en 2002, a atteint 3,9% en 2004.

Après avoir longtemps tourné autour de 20 dollars, le cours du brut s’est mis à s’affoler à la hausse : 30 dollars en 2003, 50 dollars en octobre 2004, 70 dollars fin août 2005. En 2007, le prix moyen du baril s’était élevé à 72,30 dollars. Les cours du pétrol a atteint le niveau record le 11 juillet 2008 de 147 dollars le baril. Main au mois d’août 2008, ils ont perdu plus de 23 dollars.

L’économie cambodgienne étant fortement dollarisée, et les salaires étant payés en Riels, une variation, même infime, se traduit directement par une perte de pouvoir d’achat. Le taux d’inflation s’est ralenti de 5,8% en 2005 à 4,7% en 2006, suite à la baisse des prix du brut. Cependant, la forte croissance de la masse monétaire en circulation, des prix élevés du pétrole et la hausse des prix des produits alimentaires, surtout du riz, avaient contribué à une accélération de l’inflation en 2007 (10,8% sur un an en décembre 2007).

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